Accueil > Ressources photo > Macrophotographie ou photographie rapprochée
Cette page s'adresse à ceux qui souhaitent s'initier à la pratique de la macrophotographie. Vous trouverez ici les bases à connaître et les différents moyens connus ou méconnus qu'on utilise pour faire de la photographie rapprochée.

D'après ce schéma de principe, quand la mise au point est faite sur l'objet AB, l'image A'B' de cet objet à travers l'objectif (ici considéré comme une lentille mince) se forme sur le plan du film. L'objet sera nette sur l'image finale. Maintenant, si l'objet avance vers l'objectif, on a alors deux solutions pour conserver la mise au point sur cet objet : soit on déplace le film (très rare... on a rarement vu le dos d'un appareil photo bouger, à part peut-être chez Contax;-), soit on déplace la lentille. C'est donc toutes les lentilles ou seulement un groupe de lentilles qui se déplacent à l'intérieur de l'objectif.
Il faut garder en mémoire pour comprendre la suite que pour faire la mise au point sur un objet plus près, il va falloir " sortir " l'objectif, c'est-à-dire que plus l'objet est près, plus la distance entre la dernière lentille et le plan du film est grande. C'est là tout le problème rencontré lorsqu'on veut photographier un objet de près. Quand on pratique la macro, on veut obtenir un grandissement maximal, généralement autour de 1 (le grandissement est le rapport entre la taille de l'image sur le film et la taille de l'objet photographié). En principe, il faut que le sujet mesure sur le film au moins la moitié de ce qu'il mesure dans la réalité pour qu'on puisse vraiment parler de macrophotographie. Avec un objectif normal (c'est-à-dire non macro), à la distance minimale de mise au point, on obtient un grandissement généralement autour de 1/8 (l'image sur le film est 8 fois plus petite que l'objet considéré). Pour obtenir un grandissement supérieur, il faut donc "sortir" davantage l'objectif, ce qui pose des problèmes mécaniques. Les solutions à ce problème sont de deux types :
On appelle aussi ce type d'objectif "objectif double-tirage". Un objectif macro a une course d'environ 50 mm, il "sort" davantage qu'un objectif normal. Avec de tels objectifs, on atteint souvent le rapport 1. Ils sont la solution la mieux adaptée à la pratique de la macrophotographie, puisqu'ils sont optimisés pour cet emploi; leurs qualités optiques se doivent donc d'être excellentes pour des grands rapports d'agrandissement. En général, ces objectifs ont des ouvertures maximales peu importantes : en effet, on manque toujours de profondeur de champ à de grandes ouvertures.
Mais... L'un des inconvénients d'un objectif macro est que lorsqu'on l'utilise pour des grandes distances de mise au point, ses performances sont fortement réduites, puisqu'il n'a pas été fabriqué pour. Certains constructeurs, pour permettre leur utilisation à d'autres distances de mise au point, ont adopté le système de lentilles flottantes pour optimiser les objectifs macro à l'infini. Ce système a été mis au point par Angénieux qui l'appelle alors DEM (Differential Element Movement) : une lentille à l'intérieur de l'objectif se déplace à l'inverse des autres.
Il faut également se méfier de l'appellation "macro" qui est bien souvent employé à tort : on ne se situe dans le domaine de la macro qu'autour d'un grandissement de 1/2, et certains objectifs dits "macro" (dont beaucoup de zooms "macro") n'atteignent pas ces rapports, mais permettent juste de se rapprocher plus qu'un objectif normal. Ne pas oublier l'inconvénient majeur de l'objectif macro : le prix ! Nous allons voir qu'il existe des solutions moins coûteuses pour la pratique de la macro, même si l'objectif macro reste incontournable pour ce qui est de la qualité de l'image finale.
Les bagues-allonge sont des tubes métalliques que l'on place entre l'objectif et le boîtier. On augmente ainsi le tirage de l'objectif, ce qui a pour conséquence de permettre la mise au point sur des sujets plus proches et dont l'image sur la pellicule sera plus grande. L'un des avantages des bagues-allonge est qu'elles ne dégradent pas la qualité de l'objectif, si ce n'est que l'objectif travaille loin de son domaine d'optimisation. Pour éviter ce problème, on utilise parfois des bagues d'inversion, pour retourner l'objectif et ainsi le replacer dans son domaine d'optimisation. Le principal inconvénient est la perte de luminosité due à l'augmentation du tirage. Lorsqu'on effectue un mesure de la lumière non-TTL, il faudra donc prendre en compte ce phénomène. La formule qui suit est utilisable dans tous les cas de figure qu'on peut rencontrer :
N = No / (1-Gy)
N est le diaphragme à appliquer
No est la valeur de diaphragme donnée par la mesure non-TTL
Gy est le grandissement (Gy est négatif)
Les soufflets se placent eux aussi entre l'objectif et le boîtier; ils sont en fait des bagues-allonge réglables en longueur. Leur défaut majeur par rapport aux bagues-allonge est qu'ils ne transmettent pas les données comme le diaph au boîtier.
Une bonnette est en fait une lentille convergente qu'on place à l'avant de l'objectif pour en augmenter la vergence. Ceci a pour conséquence de pouvoir faire la mise au point à des distances plus proches. Pour connaître la distance réelle de mise au point, il existe une formule toute simple, importante à retenir :
1 / MAPréelle = 1 / MAPaffichée 1 / F'bonnette
F'bonnette est la distance focale de la bonnette
À savoir également : quand on utilise une bonnette, on ne peut plus faire de mise au point au-delà de la focale de la bonnette.
Il nous reste maintenant à débattre sur la qualité optique obtenue avec une bonnette. On dit souvent... que les bonnettes entraînent une trop grande perte de qualité optique pour être intéressantes à utiliser... Et effectivement le résultat est facilement catastrophique si on ne respecte pas les règles de bonne conduite suivantes :
En respectant ces quelques règles, l'utilisation des bonnettes reste intéressante, et surtout économique. Idéalement, on préfère utiliser des bonnettes de la même marque que celle de l'objectif.
Cette méthode est assez confidentielle... Le principe est simple et efficace. On place, face à l'objectif monté sur l'appareil, un autre objectif qui devient alors une sorte d'"objectif bonnette". Les deux objectifs sont réglés à une distance de mise au point placée à l'infini. L'objectif bonnette est retournée, il est ainsi utilisé proche de son domaine d'optimisation. Seule restriction : il faut que la pupille d'entrée de l'objectif soit plus petite que la pupille de sortie (ancienne pupille d'entrée) de l'objectif bonnette. Sinon, on observe du vignettage... plus ou moins important. Pour calculer le grandissement obtenu, on utilise cette formule :
GY = F'objectif/F'obj-bonnette
Il ne vous reste plus qu'à sortir vos objectifs et à les essayer un à un...!
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