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Willy Ronis

Naissance en 1910 (Paris)

Mort en 2009 (Paris)

Willy Ronis

Willy Ronis est un éminent représentant du courant de la photographie humaniste, aux côtés de Cartier-Bresson ou de Doisneau.

Ses parents, immigrés juifs d'Ukraine et de Lituanie, se rencontrent à Paris où il naît en 1910 au pied de la Butte Montmartre. Son père tient un studio photographique de quartier, mais le fils se passionne davantage pour la musique, sur les traces de sa mère. Il veut devenir compositeur. En 1931 à son retour du service militaire, son père, atteint d'un cancer, lui demande de l'assister dans son travail.

Ce travail est l'occasion pour lui de rencontre Robert Capa et David « Chim » Seymour, avec qui il partage les mêmes idéaux. C'est alors qu'il fait ses premières photographies à caractère social, lors des manifestations ouvrières de 1934.

Après la mort de son père en 1936, le studio ferme et Willy Ronis doit alors subvenir aux besoins de sa famille. Il devient reporter-photographe indépendant, alternant les commandes commerciales et les reportages sociaux. En mars 1938, mandaté par le journal Regards, il photographie la grève des ouvriers de l'usine Citroën-Javel. Une image, celle de la militante Rose Zehner haranguant une foule de grévistes, va devenir une icône du Front populaire et du mouvement social.

En 1946 il rejoint Robert Doisneau, Brassaï et d'autres photographes de renom à l'agence Rapho. Il est le premier français à travailler pour Life Magazine, soutenu par son ami Roméo Martinez.

Dans les années 1950 il participe au Groupe des XV, une association de photographes qui défend la photographie comme véritable medium artistique.

En 1955, Edward Steichen, conservateur au MoMA (New York), retient son travail pour une grande exposition intitulée « Five French Photographers » – les quatre autres photographes étant Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Izis et Brassaï.

En 1957 il obtient la médaille d'or à la Biennale de Venise.

Plus tard dans les années soixante, la photographie humaniste passe de mode. Willy Ronis, lassé par son travail en agence, quitte Paris pour le midi de la France où il consacrera beaucoup de son temps à l'enseignement : il dispense des cours aux Beaux-Arts d'Avignon et aux facultés d'Aix-en-Provence et de Marseille.

En 1979 il reçoit le grand prix national des Arts et des Lettres du ministère de la Culture.

En 1983, Claude Nori publie sa première monographie Sur le fil du hasard aux éditions Contrejour. L'ouvrage est récompensé par le Prix Nadar. La même année, Willy Ronis lègue son œuvre à l'État français.

Parmi ces clichés qui ont fait la célébrité du photographe, le « Mineur silicosé » (1951) est un portrait d'un mineur retraité qui fixe l'objectif du regard au travers d'une fenêtre. Ce qui distingue le travail de Willy Ronis de tout autre est son regard profondément humain et pudique sur la France d'un milieu de siècle.

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