Naissance en 1935 (France)
En 1960, l'armée française en Algérie décide de constituer le fichage de la population autochtone en attribuant des « cartes d'identité française ». Marc Garanger se voit dans l'obligation de faire défiler devant son appareil plus de 200 personnes par jour. Une partie était des femmes, qui devaient alors baisser le voile devant l'objectif. Terrible mise à nu des visages, au mépris de toutes les traditions du lieu, ce qui relate toute la violence et l'aveuglement du colonialisme.
Parce qu'elles focalisent leur regard dans l'objectif même qui les viole et entend voler leur identité, parce qu'à aucun moment leurs yeux ne se dérobent, toutes ces femmes, dans leur absolue droiture, non seulement assument pleinement le regard que l'occupant fait peser sur elles, avec tout ce qu'il véhicule d'ignominie, mais surtout, elles nous le retournent, elles le renvoient à lui (nous)-même(s)...
Il déclare: « J'ai senti de tout près une résistance violente, quoique muette. Et je voudrais en rendre témoignage à travers mes photos. Toutes les photos que j'ai prises en Algérie pendant deux ans doivent être une protestation contre la terreur que j'y aie vue »
Copyright © 2001-2010 Julia Briend.