Naissance en 1911 (Marijampole (Lituanie))
Mort en 1980 (Paris)
Izis, de son vrai nom Israëlis Bidermanas, fait partie de ces photographes dits « humanistes ». Il est l'un des « Five French Photographers » réunis au MOMA (Museum of Modern Art, à New York) par Edward Steichen en 1951, aux côtés de Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Robert Doisneau et Brassaï. Souvent moins connu du grand public que ces derniers, il a néanmoins marqué l'histoire de la photographie par ses visions oniriques des rues de Paris.
Né dans une modeste famille juive, il quitte la Lituanie à l'âge de 19 ans pour rejoindre Paris, se rêvant peintre dans la ville des lumières. Il ne connaît alors pas un mot de français, mais s'est déjà essayé au portrait et à la retouche photographique dans son pays natal. Il décroche un premier emploi chez le célèbre portraitiste Arnal, avant de se lancer en 1933 dans la gérance d'un studio de quartier du XXIIIe arrondissement. Il considère alors la photographie comme un gagne-pain.
Pendant la Seconde guerre mondiale, sa famille est assassinée en Lituanie par les commandos de la mort nazis. Lui-même torturé alors qu'il s'était réfugié dans le Limousin, il s'engage dans la Résistance. En août 1944, Limoges est libérée et Izis entreprend de photographier les maquisards qui viennent de libérer la ville. Réalisée avec un vieil appareil à plaques, sans atours et sur fond blanc, cette série de portraits est exposée sous le titre Ceux de Grammont et lance sa carrière de photographe.
De retour à Paris en 1945, il installe rue Vouillé son studio photographique. Il fait des portraits, mais aussi des vues idylliques et rêveuses de la capitale, qu'il expose à la galerie La Boëtie. Les sujets ont souvent le regard vague, pris de dos ou parfois endormis. Sa vision de Paris est un fantasme lointain, empreint de spleen.
Il fréquente alors de nombreux artistes, dont Emmanuel Sougez, Paul Éluard, Albert Camus, Calder... Il se lie d'amitié avec Marc Chagall.
En 1949 il est sollicité par Philippe Boegner pour participer au premier numéro de Paris Match. C'est le début d'une collaboration de plus de 20 ans, dont l'histoire retient ce surnom relevé par ses collègues : il est « le spécialiste de l'endroit où il ne se passe rien ». Izis réalise pour le magazine de nombreux reportages sur le monde artistique et culturel. Il obtient notamment l'exclusivité photographique de Chagall peignant le plafond de l'opéra Garnier en 1964.
En 1950 il publie son premier livre, Paris des rêves, avec une préface de Jean Cocteau. Quarante-cinq écrivains, dont André Breton ou Jean Cocteau, ont pour l'occasion écrit un poème autographe, en regard d'une de ses photographies. Le succès du livre en librairie (170 000 exemplaires vendus pour seize réimpressions) dément l'avis des éditeurs moribonds de l'époque qui s'intéressaient alors aux seuls clichés touristiques classiques de la capitale.
Avec son ami Jacques Prévert il publie deux livres : Grand Bal de Printemps en 1951, et Charmes de Londres l'année suivante. Avec Colette, il publie Paradis terrestre en 1953. Puis un voyage en Israël lui donne matière à un livre éponyme, préfacé par André Malraux.
Fasciné par le monde du cirque, les baraques foraines et ses figures pathétiques, il publie en 1965 Le Cirque, son chef-d'œuvre, préfacé par Jacques Prévert et avec une couverture de Marc Chagall.
Du 20 janvier au 29 mai 2010 à l'Hôtel de Ville de Paris
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