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Nadar

Naissance en 1820 (Paris - France)

Mort en 1910 (Paris - France)

Nadar

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar, fut le premier grand portraitiste de l'histoire de la photographie, mais aussi l'un des plus grands photographes que l'aventure photographique n'ait jamais connu. Il dépasse le phénomène de mode qui entoure le portrait de l'époque : il photographie les plus grands, mais n'en oublie pas de penser à l'âme de l'individu qu'il photographie, quel qu'il soit. Passionné d'aéronautique, il est également le pionnier en matière de photographie aérienne.

Son père, d'origine lyonnaise, est imprimeur et installe sa famille à Paris. Le jeune Gaspard-Félix étudie alors au lycée Condorcet. De retour à Lyon, la mort de son père en 1837 l'oblige à mettre un terme à ses études de médecine. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il collabore avec quelques journaux locaux. Puis, à Paris, il est successivement journaliste, romancier, caricaturiste et rédacteur en chef d'une revue qu'il a lui-même créée (Le livre d'or). Sa situation financière est toujours périlleuse, mais ses déboires de jeunesse l'amènent à côtoyer des personnages tels que Charles Baudelaire, Gérard de Nerval ou Théophile Gautier.

Plus tard, sa renommée de caricaturiste grandissante, il s'attelle à la réalisation de portraits de grands hommes de son époque. Ce travail lithographique, représentant plus de 300 célébrités et connu alors sous le nom de Panthéon Nadar, lui apporte la notoriété.

Il s'intéresse alors à la photographie et à partir de 1855 devient photographe professionnel. Appliquant ses leçons de dessin à ce nouveau médium, il expérimente sur la lumière et les techniques d'éclairage. Dans son premier atelier de la rue Saint-Lazare, il réalise de nombreux portraits sur papier salé : sur fonds sombres, de trois quarts, ils sont d'une grande sobriété. Plus tard il utilisera plus volontiers la technique du papier albuminé.

Dans l'intimité de son studio, il réalise alors de nombreux portraits d'artistes contemporains, parmi lesquelles figurent Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Gérard de Nerval, Théodore de Banville, Honoré de Balzac, Édouard Manet, Gustave Doré, Gustave Courbet, Franz Liszt et Hector Berlioz.

A cette époque, c'est l'effervescence : le tout-Paris se rue dans les studios de photographie, de plus en plus nombreux, pour « se faire tirer le portrait ». Disdéri, qui possède l'un des plus importants studios parisiens, invente le portrait-carte (l'ancêtre du Photomaton) qui popularise le portrait reproductible et à moindre prix. L'industrie photographique est en marche.

Pour rentabiliser son affaire, Nadar se voit contraint en 1860 d'adopter les méthodes de reproduction en série. Cette année-là il déménage son atelier boulevard des Capucines, au cœur du quartier des spectacles. Il expérimente alors la photographie à la lumière artificielle, dont il sera le pionnier. A cette même époque, et grâce à l'éclairage artificiel, il est le premier à photographier les catacombes et les égouts de Paris.

En parallèle à ses activités de portraitiste, toujours curieux des inventions de son temps, Nadar se passionne pour les ballons. Il réalise la première photographie aérienne en 1858, depuis un vol captif à 80 mètres au-dessus du Petit Bicêtre (actuel Petit Clamart).

Lorsque la guerre de 1870 interrompt toute activité économique, Nadar est ruiné et il ferme son atelier, pour en ouvrir un troisième, deux ans plus tard, rue d'Anjou. En 1874 il accueille dans son studio la première exposition des peintres impressionnistes.

En 1886 il accompagne son fils pour un entretien avec le chimiste Eugène Chevreul, et réalise l'un des premiers reportages photographiques.

Une rétrospective de son œuvre le consacre lors de l'Exposition universelle de 1900. Témoin du XIXe siècle, il meurt en 1910 à l'âge de 90 ans.

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